ࡱ> GIFM L=bjbj=="JWW8j l  8 I$$::::::$ :::::0::000:::0:00,: 2iJ$0I60Le culte de Saint-Job Wezemaal aux XVe et XVIe sicles En 1514 (quinze cent quatorze) furent imprimes en mme temps Hagenau, en Alsace, et Lyon, les prdications du clbre frre prcheur allemand Jean Herolt. Y fut ajout un sermon nouveau traitant de Saint-Job, crit par Pierre de Radis, dominicain Cologne. Ce sermon se conclut par la notice suivante(en Latin je traduis) : Ce trs saint Job, qui pour sa patience singulire cette nouvelle maladie (que nous appelons maladie de Job - istius novi morbi quem Jobiticum dicimus) a mrit dtre fait marchal par Dieu, souhaite tre visit par un plerinage particulier dans lillustre duch de Brabant prs de la ville de Louvain dans la localit appele Weesmalen, o plusieurs par son invocation ont regagn leur sant corporelle. Lou soit Dieu. Wezemaal est un village la lisire du Hageland, mi-chemin entre Louvain et Aarschot. A premire vue, rien ny rappelle la renomme sacre dantan. Ctait le berceau de la famille noble de Wezemaal qui jouait un rle important dans lhistoire politique et militaire du duch de Brabant. Mais de leur vaste chteau rien na survcu. Du Moyen Age, seule subsiste la belle glise. Deux choses frappent le visiteur: lextrieur, la tour norme, du dernier quart du XVe sicle; lintrieur, on aperoit que cette glise de village compte quatre nefs collatrales. Dans lune delles est expose une statue ancienne, plutt modeste, dore, de saint Job. Cest cette petite statue en bois, miraculeuse, qui au XVe et XVIe sicles attirait chaque anne de milliers de plerins Wezemaal et qui a fait de ce village le chef-lieu du culte de Saint-Job aux Pays-Bas. Dans mon expos, je vous propose den dcouvrir quelques aspects remarquables qui manent des riches sources aujourdhui conserves au presbytre, labbaye prmontre dAverbode et dans les archives de la famille ducale dUrsel. La source la plus importante est la srie des comptes de lglise qui, avec quelques lacunes, nous ramnent jusquen 1473 (quatorze cent septante trois). Un livre multidisciplinaire sur lhistoire de lglise et du culte de Saint-Job est en prparation. Le culte de Job tait largement rpandu, bien que ce personnage de lAncien Testament ne fut jamais reconnu par Rome comme saint officiel. Ce qui nempchait pas lEglise de prsenter Job comme un exemple de patience et de foi indissoluble, prfiguration de la Passion et de la Rsurrection du Christ et, partant, prophte de la Rsurrection. A ct de cette signification thologique, Job tait vnr surtout comme gurisseur de maladies de peau (mais pas de la peste; jy reviendrai) et, chose moins vidente, comme patron des musiciens. Sa popularit croissante ds le quatorzime sicle atteignit son apoge la fin du quinzime et au dbut du seizime sicle, avec Wezemaal comme foyer aux Pays-Bas. Cherchons dabord les indices de lanciennet du culte Wezemaal. Avant tout, il convient de remarquer que lglise nest pas ddie Job, mais Saint-Martin. La premire mention du culte date de 1437 (quatorze cent trente-sept). Le sacristain de la paroisse se voyait accorder la moiti des revenus des plerins venant y vnrer saint Job, ce qui suggre un plerinage important dj bien en place. Sur la base des caractristiques stylistiques, la statue dj mentionne est date dans la priode quatorze cent- quatorze cent trente mais une datation dendrochronologique / est envisager. Aucun document, aucun indice ne renvoie au quatorzime sicle. Reste voir si la datation traditionnelle du transept mridional (premire moiti du quatorzime s.) se rvle exacte: ce transept tait le chur de Saint-Job, dnomination qui nest cependant atteste que depuis le seizime sicle. Une tude architecturale approfondie est en cours. Rien ne permet donc de lier le culte de Saint Job la grande pidmie de peste de treize cent quarante-huit. Dautres saints taient invoqus contre la Mort Noire, tel que saint Roch. Saint Roch fut dailleurs officiellement approuv comme saint de peste par le Concile de Constance (quatorze cent quatorze-quatorze cent dix-huit), dont le culte ne cessait de crotre depuis lors la priode mme pendant laquelle saint Job apparat Wezemaal, dont lglise dailleurs possdait une statue de Saint Roch en quinze cent vingt-trois. Les raisons du culte Wezemaal nous sont claircies par les sources iconographiques du quinzime sicle. Dabord, regardons de prs la statue miraculeuse. Elle nous montre Job dune faon plutt inhabituelle: comme prophte triomphant, rtabli par Dieu dans toute son opulence. Job est assis, en position frontale. Dans la main droite, il tient le Livre de Job, ouvert, avec les mots Dieu a donn Dieu a pris. Le plus remarquable, est un feu brlant quil tient dans la main gauche: symbole extrme de purification. A premire vue, cest le Job tel que voulait le voir lEglise. Mais la dorure du manteau et de son couvre-chef sont peut-tre des rminiscences de la tradition apocryphe, telle quelle tait montre au peuple dans La pacience de Job, jeu de mystre franais qui jouissait dune grande popularit au quinzime et seizime sicles. Pour la restauration de Job, Dieu dans ce texte lui envoie les trois archanges et les Trois Vertus, Patience, Foi et Espoir. Chaque Vertu fait un don Job: Patience un habit, Foi une ceinture en or et argent, Espoir un couvre-chef gracieux. La deuxime source iconographique consiste en une srie dinsignes et de mdailles de plerinage de la fin du quinzime et la premire moiti du seizime sicle, qui ont t dcouverts au cours des dernires dcennies surtout aux Pays-Bas actuels. Ils nous montrent la dfiguration populaire: Job est assis sur son fumier, le corps couvert dulcres. La plaque de gale quil ofrre deux musiciens venant le conforter, change en une pice dor. Les figures sont encadres dans une arcature gothique, sous laquelle est attache une banderole portant les mots Dieu a donn Dieu a pris. Insignes et mdailles portent, dans la plupart des cas, les armes des barons de Wezemaal, de la famille de Brimeu, ce qui contribue leur datation. Ces armes sont aussi un indice prcieux sur lorigine de ces emblmes: celles-ci furent faonnes par ordre de la fabrique, donc par la communaut du village, supporte par leur seigneur, comme il apparat aussi dans les comptes de lglise. On ne voit jamais labbaye prmontre dAverbode, qui possdait le droit du patronat et dont les chanoines rguliers desservaient la paroisse, jouer un rle actif dans le culte de Saint Job. Ces insignes et mdailles nous prsentent Job comme protecteur tant de ceux qui souffrent de maladies de peau que des musiciens. Le lien entre Job et la musique reste obscur. Peut-tre ce patronage trouve-t-il ses racines dans le Testament de Job, texte apocryphe du 1er sicle, o Job mme joue de la musique pour ses servants et la louange de Dieu. Le saint Job de Wezemaal jouissait dj dune grande popularit aux environs de quatorze cent septante. En quatorze cent septante trois, plus de 3000 insignes de plerinage furent vendus dans lglise. Lafflux des plerins fut tellement grand qu la deuxime moiti du quinzime sicle, lglise dut tre agrandie par deux nefs collatrales supplmentaires pour faciliter la circulation des plerins. Les revenus provenant des offrandes et de la vente dinsignes furent tels que la paroisse dcida driger une toute nouvelle et imposante tour occidentale, en pierre blanche de Gobertange, travail auquel participa matre Mathieu de Layens, mentionn dans les comptes de lglise de quatorze cent septante cinq, qui avait aussi la charge des chantiers de lhtel de ville et de l glise Saint-Pierre Louvain. Le culte de Job reut une nouvelle pousse dans les deux dernires dcennies du XVe sicle, pour atteindre leur apoge vers quinze cent (1500). La cause, tant directe quindirecte fut la guerre, tant aux Pays-Bas quailleurs. En quatorze cent quatre-vingt huit clata la rvolte en Flandre et en Brabant contre la politique de centralisation de Maximilien dAutriche. Lanne suivante, linstigation de Louvain, la nouvelle tour de lglise fut amnage comme poste de dfense contre les troupes allemandes dAlbert de Saxe, qui y mirent simplement le feu pour liminer ce point de rsistance. La communaut et son baron mirent tout en uvre pour la restauration. En quinze cent et un, le baron Eustache de Brimeu et la fabrique obtinrent du pape, outre une indulgence pour ceux qui visiteraient lglise, le droit de pouvoir affecter les revenus du plerinage la restauration de lglise et lachat dornamenta. Les annes de restauration allrent de pair avec une grande pidmie europenne de syphilis, rpandue par les soldats ayant particip aux guerres dItalie des rois de France, ds quatorze cent nonante quatre (-1526). La nouvelle maladie ft connue comme mal (des) franais, maladie de Naples et, de manire significative, maladie de Job comme dans le post-incunable de quinze cent quatorze cit plus haut. Aux environs de quinze cent quinze, le cur de Wezemaal parle de gens lettrs de Louvain et dAarschot qui chez lui cherchent un abri contre la maladie de Naples. Evidemment ctaient les affectations cutanes provoques par cette maladie vnrienne / qui mirent en marche un nouveau flot de plerins vers le petit village brabanon qui, en quinze cent vingt-six, ne comptait quenviron 500 habitants. La route vers Wezemaal devenait si importante quen quinze cent dix-sept, la ville de Louvain donna ordre au fameux Mathieu Keldermans de placer une statue de Saint Job dans la nouvelle porte vers Aarschot qui, ds lors, fut galement appele Porte de Saint Job. Mais la renomme de Wezemaal dpassait de loin le Brabant, comme lattestent les post-incunables dominicains de quinze cent quatorze. Des insignes et mdailles de Saint-Job de Wezemaal ont t retrouvs la cte (Raversijde), aux Pays-Bas et mme Canterbury. Les comptes de lglise mentionnent des plerins venant de Geeraardsbergen, Sluis et Delft. En quinze cent dix-huit, un homme de La Haye est guri miraculeusement. Wezemaal recevait aussi des plerinages dexpiation, imposs par Anvers, Courtrai, Lige et mme Amsterdam. Les plerins arrivent de toutes les parties du monde, soupire le cur en 1520; ils viennent de plusieurs diocses et parlent des langues diffrentes. Les plerins taient issus de toutes les couches sociales, ainsi quil ressort de la vente des diffrents types dinsignes. La plupart consistaient en des emblmes mouls en tain et en plomb; mais la Fabrique se procurait dautres types pour les bourses plus remplies: en cuivre, en argent, en argent dor et en or, qui taient faonns par des orfvres renomms de Louvain, Malines et Bruxelles. Le point culminant du culte tait la semaine du 10 mai, jour de fte du saint prophte. Les plerins se dirigeaient vers le transept mridional, le chur de Saint Job o, derrire une grille, se trouvait la statue miraculeuse. Un lac du village y recevait les apports, en argent et en nature. Certains parents apportaient du bl dont le poids galait celui de leur enfant malade. Le chur de Saint-Job se couvrait dex-voto en cire: des jambes, des bras, mais aussi des figures dhommes entiers. Aprs la messe, la statue miraculeuse tait porte en procession, sous les chants du cur, assist par ses deux vicaires, en habit et chape. A lextrieur, dans la paroi sude de la nef collatrale et du chur de Saint-Job, on voit toujours les entailles dans la pierre ferrugineuse friable, graves par les plerins dsireux de ramener quelque poussire du sanctuaire dont, peut-tre, ils faisaient une amulette. Job tant le patron des musiciens (jusquau XVIe sicle, quand Sainte Ccile le supplantera dans ce rle), une attention spciale fut attribue la musique. La messe tait accompagne de musique polyphonique, chante par 3 chanteurs adultes (matre de chant, alto et basse) et 6 enfants choristes, qui, eux, taient accoutrs comme des religieux, avec une tonsure, les cheveux courts, une robe rouge et un bonnet. [Les enfants taient abrits chez des villageois. Lcole de chant tait une maison en torchisprs de lglise]. De plus, la tour tait pourvue de quinze cloches, qui probablement formaient un vrai carillon. Le 10 mai, des musiciens venant de Louvain et de Malines, jouaient aussi bien dehors que dans lglise. Outre la musique et le spectacle de la liturgie, il y avait aussi le thtre: en quatorze cent quatre-vingt et un, des compagnons () jouaient le jeu de Saint Job: indication prcieuse et ancienne du jeu de mystre de Saint-Job dans notre pays. La foule disparate affluant Wezemaal causait des problmes dordre interne , o sopposaient les intrts des chanoines dAverbode et la communaut villageoise. Certains plerins apportaient o louaient des prtres qui chantaient des messes, bnissaient le peuple, allant mme jusqu recevoir des offrandes et rdiger des certificats de plerinage accompli. Ceci naturellement au dtriment des revenus du cur. Pour cette raison, on stipula en quatorze cent quatre-vingt que la permission du cur dornavant tait requise. Lattitude de labbaye dAverbode se durcit au dbut du 16e sicle, refusant tout prtre tranger, ce qui entrana des procs devant lofficialit de Lige et le Conseil de Brabant. Mais la communaut villageoise, appuye par leur baron, obtint gain de cause: le cur ne pouvait refuser que des prtres non aptes. Le village put ainsi continuer bnficier des revenus sculiers que procurait la multitude des visiteurs-touristes. En quinze cent septante neuf (1579) survint une crise longue et grave. En cette anne, lglise fut incendie par les protestants. Pendant plusieurs annes, le btiment resta en ruine. La fabrique se vit oblige de vendre une partie importante du trsor mdival un orfvre Lige. La statue de Job fut transfre Louvain jusquen quinze cent quatre-vingt six, mais le culte du saint se poursuivit dans la ville, dans la chapelle qui avait hberg la statue. La reconstruction de lglise, pendant les annes quinze cent nonante / seize cent quinze, visait expressment restaurer laspect gothique du sanctuaire et renouer avec la tradition. Pendant le dix-septime sicle, le culte de Saint-Job regagnerait un certain niveau, sans nanmoins jamais atteindre lampleur des sicles passs.  Saint-Martin figure pour cette raison sur le sceau personnel de quelques curs aux alentours de 1300.  PAGE 2 # ~ &&;8<8<<==>=?=E=F=G=H=K=L=Ǽ0JmHnHu0J j0JUmH sH  j0JU H*mH sH 5\mH sH j0JUmH sH 6]mH sH mH sH 9:6 ~ B{XPQ""c#&-.."25599<<d<>==<<<<==>=I=J=K=L=$a$d 1h. A!"#$% iF@F Standaard <<CJ_HaJmHsHtHB@B Kop 1 $@&5CJ OJQJ\mH sH :: Kop 2$@&5CJOJQJ\^JVV Kop 3$5$7$8$9D@&H$5OJQJ\^JaJmH sH DA@D Standaardalinea-lettertype6@6 VoetnoottekstCJaJ6&@6 VoetnootmarkeringH*0@0 Koptekst  9r 2 "2 Voettekst  9r ()@1( Paginanummer L9ilL9J9:6~B {XPQc")**".115588888=9>9I9M90000000000000000000000000000000@0 @0 L=!<L="$K=# !YDKK\\hhttllPP} S S c c ? ? I I \ \ v v q ==GGPPzz??^^cd'',,22{{uu--++00EE))DD^_ ''4455@ @ 9!9!L!L!M!M!\!\!!!!!5"5"K"K"##$$$$$$~%%g&g&&&&&(())?)?)T)T)m)m)))))))**}+}+ , ,5,5,&-&-2-3------- . .a.a.....~/~/00 0 0J0J0K0K0R0R0c00112233+3+333333333&4&4s4s4444455 5 5$5$5F5F5555566=6=6`6`6z6z6:7:7v7v77777H8T8s8s8888=9M98:56}~A B z{WXOQbc""))**!.".1155888<9>9J9M9:6B g{:mc#[$Y''**,-//01\338>9J9M9 Bart MinnenTC:\Documents and Settings\Bart Minnen\My Documents\JOB\Le plerinage de Saint Job v3 Bart Minnen~C:\Documents and Settings\Bart Minnen\Application Data\Microsoft\Word\AutoHerstel-versie van Le plerinage de Saint Job v3.asd Bart Minnen~C:\Documents and Settings\Bart Minnen\Application Data\Microsoft\Word\AutoHerstel-versie van Le plerinage de Saint Job v3.asd Bart MinnenTC:\Documents and Settings\Bart Minnen\My Documents\JOB\Le plerinage de Saint Job v3 Bart MinnenTC:\Documents and Settings\Bart Minnen\My Documents\JOB\Le plerinage de Saint Job v3 Bart Minnen~C:\Documents and Settings\Bart Minnen\Application Data\Microsoft\Word\AutoHerstel-versie van Le plerinage de Saint Job v3.asd Bart MinnenXC:\Documents and Settings\Bart Minnen\My Documents\JOB\Le plerinage de Saint Job v3.doc Bart MinnenXC:\Documents and Settings\Bart Minnen\My Documents\JOB\Le plerinage de Saint Job v4.doc Bart MinnenXC:\Documents and Settings\Bart Minnen\My Documents\JOB\Le plerinage de Saint Job v4.doc Bart MinnenXC:\Documents and Settings\Bart Minnen\My Documents\JOB\Le plerinage de Saint Job v4.docNM% P^`P@@^@`.0^`0..``^``... ^` .... ^` ..... ^` ...... `^``....... 00^0`........NMNM@ 5K L9P@UnknownGz Times New Roman5Symbol3& z Arial"1 &+8.c$r0d9 2=Le plerinage de Saint-Job Wezemaal aux XVe et XVIe sicles Bart Minnen Bart MinnenOh+'0 0 DP l x  >Le plerinage de Saint-Job Wezemaal aux XVe et XVIe siclesae p Bart MinnenartartNormaln Bart Minnen4rtMicrosoft Word 9.0i@^в@`>@^@bXJ8.՜.+,0$ hp|  lc9 >Le plerinage de Saint-Job Wezemaal aux XVe et XVIe sicles Titel  !"#$%'()*+,-./012345789:;<=?@ABCDEHRoot Entry F0iJJ1Table&WordDocument"JSummaryInformation(6DocumentSummaryInformation8>CompObjjObjectPool0iJ0iJ  FMicrosoft Word-document MSWordDocWord.Document.89q